Es war einmal...

Il était une fois... Une histoire de vampires

mardi 26 juin 2007

Es war einmal...

228606Il était une fois, une histoire...228606

Je ne suis pas douée du tout pour faire le design du blog. Désolée. Tout ce que je vais essayer de faire, c'est écrire au fur et à mesure une histoire. Parce que j'aime écrire.

228606A bientôt, j'espère, peut-être!228606

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Eine Geschichte... ?

J'ai toujours des tas d'idées d'histoires, mais jamais je me motive pour poursuivre. Alors mettre ça sur un blog, peut-être que ça me motivera! J'espère... Quoi qu'il en soit, je ne pense pas que je mettrais une seule histoire ici, mais je vais essayer de mettre des catégories pour les séparer, si vraiment je dois en mettre plusieurs...

Voilà... Je voulais simplement expliquer un peu le fonctionnement de ce nouveau blog.

Et sinon, l'ordre des posts pour le moment c'est du plus récent au plus ancien... Peut-être que je changerais quand j'aurais plus de petits bouts d'histoires, mais pour le moment ce n'est pas difficile de suivre ;)

Bonne lecture aux futurs lecteurs, s'ils existent, et surtout bon courage...

Posté par Idril_Chaotic à 20:26 - La vie du blog - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Have you ever... ?

[Présentation.]

De base, il ne s'agit que d'un petit texte écrit en (beaucoup) moins de vingt quatre heures. C'était une camarade de classe qui m'avait donné le sujet, qu'on lui avait également donné, et puis on devait écrire. C'était un mardi... Finalement, j'ai écrit le texte en quelques heures, même pas, le mercredi après-midi! Donc le texte est sûrement très moyen. Étrange. Mais il me plaisait bien et je le trouvais (et le trouve toujours) trop court et à revoir pour en faire une autre histoire. Voici néanmoins ce que j'avais écrit. Dans cette catégorie Have you ever... ?, je compte mettre ma nouvelle histoire, inspirée de celle qui suit...
Bonne lecture aux courageux...

Lien vers le lieu où le texte se trouve d'origine.


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Have you ever dance with the Devil in the Moonlight?

Le Soleil se couche à peine que déjà tu pointes ton nez en dehors de ta "Tanière", comme tu te plais tant à l'appeler. Le vent souffle, il fait déjà frais, même en plein printemps alors qu'il devrait faire encore doux. Habitué, sans crainte, en chemise, tu te glisses jusqu'au dehors de la ville. Plus rien ici ne t'effraie, tu connais tout mais rien n'a le temps de saisir ta présence. Comme toujours, où que tu vives, tu restes une personne mystérieuse. L'on se demande toujours si tu es un homme ou une femme, un enfant ou un adulte... Jamais on ne peut deviner ton identité, tu t'échappes avant même qu'on puisse la saisir...
Plus tu t'éloignes de la ville encore bien vivante, plus tu sens le vent souffler, plus il est puissant. Tes pensées s'évadent, tu t'imagines déjà là-bas, dans un ailleurs improbable mais pourtant tellement concret à tes yeux. Le vent t'entraînant, tu t'élances, cours, sembles t'envoler comme pour te porter le plus loin possible de cette ville que tu hais tant... De toute façon, tu n'as rien à perdre, il n'y a que là-bas qui t'intéresse, même ta Tanière ne vaut rien face à ce que tu vas rejoindre.
Toujours plus vite! Toujours plus loin! Le temps n'a plus d'importance, il s'étire comme pour te permettre d'arriver à temps à ton point de rendez-vous. Le rendez-vous le plus important de toute ta vie. Tu ne sais si cette occasion pourra un jour se représenter. Alors tu reprends ta course, débordant d'énergie. Puise dans la Terre qui jamais ne te demandera quoi que ce soit en retour! Puise dans les airs qui t'ont déjà tant poussé, puise donc comme jamais, puisque tu auras besoin de ton énergie personnelle pour aller encore et toujours plus loin, une fois là-bas...
Enfin, à l'horizon, tu perçois ton ailleurs, ce coin d'éternité que tu cherches à atteindre depuis ces quelques heures passées à courir. Le Soleil disparaît derrière cette forêt dense et sombre, et sans t'arrêter, tu la dévores déjà du regard. En voyant ton regard, tout homme se serait demandé si tu rêvais à cette forêt ou à une belle femme... Mais tu n'es pas ce qu'on peut appeler un homme normal, tu es bien au-dessus de tout ça. Toi, tu as cherché plus loin qu'aucun autre n'a pu le faire, tu as toujours obéi à tes impulsions, tu as toujours écouté tes intuitions, et c'est comme cela que tu es arrivé aussi loin, en si peu de temps...
Tes pensées se perdent et le temps de nouveau t'échappe, la Nuit tombe et avec elle, tu entres dans cette mystérieuse forêt... Le temps s'arrête... Tu t'avances... Tu t'éloignes du monde civilisé... Tu t'échappes d'un monde, avec toutes ses contraintes... Ici c'est chez toi, ici c'est l'habitat rêvé de tout rêveur, ici c'est un monde à part, un monde dans lequel tous les rêves sont permis, un monde dans lequel tout est possible...

Silencieux dans ce monde sauvage, tu vas toujours tout droit, tu ne fais qu'écouter ce qui est déjà, tel que le bruissement des feuilles sur ton passage, le vent dans la cime des arbres, les oiseaux qui s'envolent, les fleurs qui se referment... Tu ne fais que sentir ce qui est, depuis tes odeurs de civilisation humaine jusqu'aux plus naturelles... Tu ne fais que voir la beauté des arbres, de la terre que tu remercies à nouveau, tu t'émeus face à la tristesse que t'inspire une feuille tombée d'un arbre, et répondant à un réflexe, tu tends les mains pour l'attraper. Non, cette feuille là n'est pas comme les autres. Elles sont toutes différentes les unes des autres, et celle-ci est particulière. Dans ton coeur tu entends son chant, son chant d'amour et d'adieu. Celle-ci est morte mais te communique un message de paix et de beauté. Tu la déposes au pied de son arbre et restes un instant l'âme silencieuse, tu te recueilles, c'est encore un merci dit à la terre. Tu poursuis ton voyage vers le coeur de cette immense forêt. Maintenant, peu importe quand tu arriveras, tu y es et c'est tout ce qui compte.
Reprenant l'air de la feuille, tu chantes doucement pour apaiser ton coeur et pour avancer toujours sereinement. Tu sens la fraîcheur de la Nuit et ça te fait du bien... Ca faisait si longtemps que tu n'avais pas été en paix avec toi-même... Les mots te viennent et tu chantes toutes tes peines, toutes tes pertes, tous tes regrets... Cela faisait si longtemps que cela te pesait sur le coeur.
Le long chemin que tu avais entrepris s'arrête enfin. Le coeur de la forêt est face à toi. Un grand sourire se dessine sur ton visage: c'était si simple! Il suffisait seulement de ça pour y arriver! Tu te mets à rire doucement et t'avances vers le feu qui est déjà éclatant. Un feu bien entretenu qui n'attendait que toi. Toi et seulement toi. Avant, tu doutais de ce qu'il fallait faire, mais maintenant tes gestes sont automatiques, au fond de toi tu avais toujours su ce qu'il faudrait faire lorsque tu y arriverais! Comme tout devient simple, comme tu te sens bien...
Et fatigué, tu t'allonges auprès du feu et t'endors d'un premier repos bien mérité, sans mauvais rêve...

A ton réveil, le feu est toujours vivace, mais le froid t'envahit. Que se passe-t-il? Pourquoi te sens tu effrayé? Tu te redresses et écoutes le silence de la Nuit. Le silence de la forêt. Même le feu te semble calme et silencieux. Le vent ne souffle plus... Tu n'oses pas te lever. Tu écoutes. Tu essaies de comprendre ce qui a changé. Non, tu n'es plus fatigué. Non, tu n'as rien à craindre dans cette forêt... Le ciel est noir et tu perçois les étoiles seulement au-dessus de toi. Cette nuit, la Lune est noire.
Tu trembles de froid et te rapproches du feu mais finis par te lever. Alors seulement tu la vois. Une personne là, contre un arbre, qui te regarde. Elle sourit: tu l'as enfin remarquée. Elle ne s'approche pas. Vous restez un long moment à vous observer mutuellement, silencieusement. Tu comprends que le changement d'atmosphère est dû à son apparition. D'où vient-elle, qui est-elle, tu n'en sais rien. Elle est là, c'est tout ce qui compte, c'est le principal. Tu l'attendais, c'était elle que tu cherchais. Et maintenant, elle t'apparaît comme cela se devait. Finalement, tu t'écartes du feu pour pouvoir la voir directement. Elle ne cille pas.
Elle s'approche de toi et tu sens résonner dans ta tête une voix qui t'en apprend plus sur elle. A peine plus petite que toi, son regard sombre, profond, te sonde et semble tout apprendre de toi. Elle porte une simple robe couleur émeraude. Enfin, tu entends sa voix:
-Es-tu donc celui que j'attendais? Arkanis...
-L'on me nomme ainsi, effectivement, Sila. Je vous attendais...
-Je le sais, répond-elle avec un sourire énigmatique, je le sais bien... Voila des siècles, à présent, que notre rendez-vous a été fixé. Approche-toi, Arkanis, approche-toi et serre-moi tout contre toi, mon bel ami. Voila des siècles que je t'attends, de forêt en forêt. J'ai su t'attendre, mais maintenant que je t'ai, là...
Tu t'avances et l'enlaces tendrement, comme ton coeur se réchauffe, comme ton esprit s'apaise... Alors c'était si simple que ça?
Mais elle se met à rire et à chanter, puis t'entraîne dans une danse endiablée, tu t'épuises à suivre ses pas, tu t'épuises à chanter avec elle, mais elle rit toujours, et son rire t'entraîne loin dans les cieux, te ramènes au sol, t'emporte jusqu'aux terres les plus inconnues...
Tu ris avec elle, tu chantes avec elle, tu as chaud, tu as froid, tu es fatigué, débordant d'énergie... Tu t'essouffles et essaies de l'arrêter, mais alors son regard se durcit:
-Tu ne peux m'arrêter, Arkanis, cette danse est notre danse... Cette danse doit aller jusqu'à sa fin si tu veux obtenir ce pourquoi tu es venu jusque là!
-Mais... Sila, je ne puis plus... Je m'essouffle!
Elle rit et t'entraîne plus rapidement:
-Alors ne nous ralentis pas! Plus vite nous aurons terminé, Arkanis, plus vite nous nous reposerons! Serais-tu devenu plus faible avec le temps, ajoute-t-elle malicieuse, au point que tu aies oublié comment rester énergique?
Elle rit à nouveau, moqueuse. Honteux, tu ne peux plus t'arrêter, ta tête tourne, le souffle te manque, la danse se termine enfin, et tu t'écroules, inanimé...

Lorsqu'il reprit conscience, son âme s'échappait de son corps, et tout en s'envolant, il vit Sila regarder tendrement son corps en chantant. « Ainsi, pensa-t-il, je suis mort. » Alors il décida de s'envoler, toujours plus haut, après tout, il était venu danser avec la mort pour enfin terminer cette vie qui durait depuis de longs siècles...

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mercredi 27 juin 2007

1. Un long et bel avenir

Arkanis n'avait jamais eu le droit à une vie normale. Il avait toujours vécu dans un village abandonné au milieu de la campagne, sans voisin, seul avec ses parents qu'il voyait rarement. Tôt le matin, ses parents partaient travailler. « Loin, lui disaient-ils, trop loin pour qu'on t'emmène avec nous. » Et tard le soir ils rentraient, faisaient la cuisine, se lavaient, et dormaient. Il se demandait même comment il avait pu vivre jusque là avec des parents tellement absents, mais jamais il n'avait osé leur dire. Ses parents lui avaient toujours dit qu'il ne devait pas sortir. Ou alors le moins possible la journée, parce que c'était dangereux pour lui. De nombreuses fois, il était pourtant sorti sans qu'il ne lui arrive quoi que ce soit, mais à chaque fois ils l'apprenaient et le punissaient sévèrement. Arkanis redoutait plus que tout les punitions de ses parents... A chaque fois il était enfermé dans la cave... Et alors... Et alors il regrettait son existence. Rien que d'y penser, Arkanis frissonnait et était au bord des larmes. Il ne voulait pas être puni, mais être dehors était une chose tellement agréable...
Une fois pourtant, il en avait parlé à son père, qui semblait plus accessible que sa mère. Celui-ci avait accepté qu'il sorte, rarement, lorsqu'un des deux parents était avec lui, et seulement la nuit... Il avait toujours aimé la caresse rare et interdite des rayons du soleil, mais il fut reconnaissant envers la lune lorsqu'il apprit à la connaître et à savourer sa luminosité.

Le temps passait et Arkanis eut vingt ans: il avait terminé de changer physiquement, même s'il ne le savait pas encore. Son teint était définitivement pale, ses yeux sombres, son air efféminé... Il passait le plus clair de son temps à dormir la journée, et se balader la nuit. Il ne savait pas que le danger existait réellement. Le seul danger était les punitions de ses parents, selon lui. Elles devenaient rares, car il savait se plier à leur volonté ou bien ne désobéir que très discrètement. Mais il se soumettait à leur désir. Cela lui semblait normal. La vie était pour lui déjà sans fin et un éternel cycle.
Une nuit pourtant, toute sa vie allait définitivement basculer. Alors qu'il était condamné à une vie courte et monotone, plongé dans la seule peur d'être puni à nouveau, il allait être confronté à un tout nouveau destin... Ô combien plus difficile. La nuit était fraîche, mais habitué à ce climat, Arkanis sortait toujours légèrement vêtu. Cette nuit, il avait adopté un pantalon noir et une chemise blanche, courte. Il se baladait, les bras le long du corps, à l'écoute de son corps et de toutes les sensations qui le touchaient et l'interpellaient... Ses parents étaient derrière lui et parlaient à voix basse. Il ne sentit pourtant pas son père s'approcher de lui, une arme blanche à la main... Lorsqu'il se retourna, il ne vit que la lame plonger dans son corps. Ils restèrent face à face un long moment... Son père sembla alors horrifié, leurs deux regards complètement mêlés... Il sentit ses larmes rouler sur son visage... C’était des larmes d'horreur:
-Qu'as-tu fait, mon Père?
Il s'agenouilla face à son père qui l'enlaça, mais ne lui répondit pas. C'est alors qu'Arkanis regarda sa mère. Tandis que son père était horrifié par son acte, elle semblait soulagée d'un énorme poids. Fou de rage, il se releva et se mit à parler dans une langue étrangère. Le vent se leva brusquement séchant ses larmes, et une étrange voix couvrit la sienne:
-Il s'est enfin réveillé! Arkanis, tant attendu parmi les nôtres, enfin prend conscience de sa véritable nature! Bienvenue dans notre monde!
Et en face de lui se dessina une silhouette d'une jeune et séduisante femme. Elle était à peine plus petite que lui, les cheveux longs, frisés, roux, les yeux noisettes, elle l'enlaça en souriant:
-Nous t'attendions!
Elle regarda sa chemise déchirée et tachée et sourit doucement:
-Il va falloir s'occuper de tout ça...
Puis elle se tourna vers les parents:
-Et de ça aussi... Mais d'abord, toi.
Elle appliqua ses mains sur la blessure et le silence se fit. Il pensa même s'être évanoui tant il n'avait plus conscience de rien. Lorsqu'il revint à lui, la jeune femme était toujours auprès de lui. Elle lui murmura à l'oreille qu'il devait maintenant se laisser aller à ses instincts les plus primitifs et faire ce qu'il devait sans se soucier du monde. « Bientôt, ajouta-t-elle, bientôt se révèlera ce que tu es réellement... »
C'est ainsi qu'il sentit un déchirement profond en lui. Quelque chose le tortura terriblement pendant quelques instants, il eut l'impression que l'instant le plus important de sa vie se décidait à ce moment précis, sans qu'il eut vraiment le choix... Les choses les plus importantes se décidaient à son sujet, mais il ne contrôlait rien.
Répondant alors à une impulsion, Arkanis se jeta sans merci sur sa mère et la tua brutalement, faisant craquer sa nuque. Son corps vibra à nouveau. Oui, il avait fait son choix. Le choix qu'il devait faire. Son destin se traçait petit à petit... Alors il se dirigea vers son père qui ne bougeait déjà plus, peut-être s'était-il lui aussi soumis à sa fin. Arkanis plongea sa bouche ouverte sur la gorge de son père et le mordit jusqu'au sang... Lorsqu'il se fut vidé de son sang, il pleura longuement... La jeune femme l'enlaça et lui murmura en souriant:
-Tu as fait ce qu'il fallait... Maintenant un long et bel avenir nous attend, ô mon Prince...

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vendredi 29 juin 2007

2. Une mort pour une naissance

L'heure suivante, Arkanis s'était enfin calmé. Quelque chose s'était brisée en lui, il le savait, mais cette disparition laissait s'échapper autre chose. Il ne savait encore de quoi il s'agissait, seulement que c'était cela qu'attendait la femme.
Il se tourna enfin vers elle, réellement conscient de sa présence en tant qu'être humain:
-Qui êtes vous?
-On m'appelle Sila. Je suis des tiens. Je te surveille depuis ta naissance, Arkanis. Je te connais fort bien, et tu vas devoir apprendre à me connaître. Ainsi que ta famille.
-Ma famille... Je viens de la tuer! Là! Sous vos yeux!
Il sentit des larmes amères lui monter aux yeux, mais le regard de la jeune femme devint dur et il comprit qu'il ne devait plus pleurer.
-Ne sois pas si sot! Oublie ces gens-là. Ils n'étaient pas ta vraie famille, puis sa voix redevint douce. N'y pense plus, mon bel Arkanis, ta famille est autre. Ta famille est bonne. Tu les aimeras comme ils t'aimeront. Ces gens là, ajouta-t-elle avec mépris, n'étaient là que pour permettre ton changement d'état. Ça n'a plus d'importance. Suis-moi.
Il baissa la tête et la suivit à travers la forêt. Il lui sembla se perdre parmi les arbres, pourtant il se retrouva devant chez lui. Du moins, là où il vivait avec ses parents maintenant morts. Sila ouvrit la porte et entra. Elle s'installa sur un siège et lui ordonna de ne pas rester ainsi:
-Ne sois pas bêta! Prépare-toi!
-Me préparer? A quoi? Expliquez-moi...
-Allons, Arkanis! Ne sois pas stupide! Prépare quelques vêtements, que sais-je! N'as-tu donc aucun objet auquel tu tiens, ici?
-C'est à dire...
-Si tu en as, prends les! Sinon nous partons sur le champ! Ne perdons pas de temps ici!
Arkanis se retourna dans ce qui avait été toutes ses années sa chambre et regroupa quelques affaires. Sila savait qu'il serait long, encore sous le choc sûrement. Elle se souvint avec un doux frisson de cette nuit où, elle aussi, avait retrouvé sa véritable nature. Elle se remémora quelques souvenirs, cruels, mais agréables pour elle, et se décida à se lever. Elle descendit dans la cave, là où les parents punissaient avant leur enfant, et observa chaque recoin de la petite pièce. Elle en fit le tour en effleurant chaque mur, chaque objet, et ressentit la terreur de l'enfant qui était resté prisonnier là des heures. Son plaisir fut immense. Elle remonta, sans oublier de prendre quelques objets...
Elle eut le temps de rester assise quelques instants et Arkanis revint, avec un sac. Il s'assit en face d'elle, toujours la tête basse et murmura:
-J'aimerais comprendre...
-Nous n'avons pas le temps de discuter. Partons.
-Non... Vous ne comprenez pas... Si vous ne m'expliquez rien, nous ne partons pas d'ici. J'ai besoin d'en savoir plus.
-Je crois, mon petit Arkanis, que c'est toi qui ne comprends pas très bien la situation: c'est moi qui ordonne, c'est toi qui obéis. Alors allons-y!
Et elle se leva. Mais Arkanis ne l'entendait pas ainsi. Il se leva brusquement et la plaqua contre le mur le plus proche:
-Vous me devez des explications, Sila!
La surprise passée, elle éclata de rire et le projeta au sol d'un mouvement brusque. L'instant d'après, elle était sur lui et lui caressa le visage:
-Allons, allons, Arkanis... Ce n'est pas convenable! Laisse-moi remettre les choses en place, mon petit...
Elle se baissa et lui murmura à l'oreille d'une voix douce:
-Lorsque j'ordonne, Arkanis, tu obéis et jamais ne proteste. Je suis bien plus forte et cruelle que toi. Et je sais exactement ce qui te ferait du mal... Tandis que toi... Tu es encore inexpérimenté.
Elle resta sur lui, moqueuse, puis se releva:
-Maintenant, il est temps d'y aller, n'est-ce pas?
Il resta assis un petit instant, ne sachant plus s'il devait insister ou non. Il ne comprenait pas. Au fond de lui, il sentait pourtant une puissance incroyable vibrer, mais Sila le menait par le bout du nez, elle était bien plus puissante que lui. Il se leva, en silence, et sortit devant elle. Lorsqu'elle passa devant lui, elle ajouta négligemment:
-J'oubliais... Si je te pose une question, tu me réponds, on est bien d'accord?
Il acquiesça et la suivit, tête basse...

Les jours et les nuits, qui suivirent, furent interminables pour Arkanis. Les journées à ne rien faire, ou à dormir lui semblaient terriblement longues, tandis que les nuits étaient chargées et pleines d'occupations. Il y avait toujours des êtres à tuer, du sang à profusion, et alors le jeune homme croyait vivre d'alcools et de drogues. Il lui semblait qu'il était toujours dans un autre monde, quelque chose de fantastique, il était invincible, chaque jour et chaque victime le rendait plus puissant, plus sur de lui. Seulement, de toute évidence, cette orgie de violence devait faire le même effet à Sila. Arkanis le ressentait. Quelque chose émanait d'elle, la rendait de plus en plus belle, de plus en plus séduisante, puissante... Elle débordait de force et d'énergie. Arkanis était toujours à la suivre, silencieux, obéissant. Les journées défilèrent à une vitesse incroyable et ils ne firent pas grand-chose d'autre, si ce n'est tuer, profiter des gens, s'enrichir...
Deux mois après leur rencontre, Sila déclara qu'ils devaient partir et découvrir d'autres lieux et d'autres gens comme eux. Arkanis sentit un pincement: lorsqu'elle parlait de ceux-ci, cela rompait la monotonie de leurs nuits, or, il aimait ces nuits passées avec elle, à être majestueux, puissant... Mais il n'en discuta pas.
Ils firent leurs bagages le soir même et partirent en voiture jusqu'au lever du soleil. Alors Arkanis massacra sans peine l'homme qui conduisait le taxi et prit le volant, sans savoir comment il y parvenait. Il suivait distraitement les instructions de Sila jusqu'à ce qu'elle lui dise de s'arrêter. Ils étaient en plein milieu d'une immense route, rien que des champs autour, aucune voiture à l'horizon. Le temps était couvert. Il frissonna. Sila l'enlaça et l'embrassa tendrement:
-Mon pauvre Arkanis, tu es bien innocent, malgré tout ce que nous avons fait ces deux mois...
Il ne sut que répondre, se demandant bien ce qu'elle lui voulait. Il n'était pas surpris qu'elle l'embrasse, cela lui arrivait souvent. Ils passaient parfois des moments très tendres, ensemble, mais jamais il n'avait goûté à son corps comme il avait profité d'autres filles avant de les tuer. Des filles qui le voulaient. Des filles qu'il avait tuées, se délectant du goût de leur sang...
Elle l'embrassa à nouveau et lui ordonna de reprendre la route. Il ne comprenait pas... Encore une fois. Mais plus le temps passait, plus il se résignait. « Un jour, se disait-il, je saurai ce qui m'arrive, en attendant, autant faire avec ce que j'ai. » Et il se remit à conduire, suivant encore ses indications.

Ils arrivèrent dans un petit village alors que la nuit était déjà tombée. Sila lui ordonna de laisser la voiture en dehors et ils allèrent dans la petite auberge. Ils s'y installèrent pour la nuit, mais plutôt que de dormir, Sila l'entraîna dehors:
-Je vais te confier une petite mission, mon cher Arkanis. J'espère que tu sauras m'honorer par une réussite. Compris?
-Oui... Que voulez-vous?
-Dans la chambre voisine de la notre, dort une jeune femme. Elle est belle. Elle est pure. Elle est promise à un homme. Je veux que tu la séduises, que tu la pervertisses. Et lorsque ce sera chose faite, tu m'appelles et je vous rejoins... Je te montrerai la première étape. Tu seras définitivement des nôtres. Impossible de faire marche arrière. Tu seras vraiment... comme nous. Qu'en penses-tu?
-Vous m'expliquerez donc un peu ce qui se passe?
-Ça va de soi. Je pourrais m'occuper de cette fille, mais si tu le fais ça sera plus amusant, pour toi. Tu verras comme elle est belle et délicieuse. Nous sommes tous passés par là. Notre première vraie victime. Attention, tu ne dois pas la tuer avant que je te l'ordonne! Compris?
-Oui... Je ferai tout pour que vous soyez fière de moi.
-Je n'en doute pas, mon bel Arkanis.
Elle le tira brusquement vers elle et l'embrassa passionnément:
-Ne me déçois pas... Va!
Il remonta dans sa chambre et s'observa un instant... Il avait la nuit devant lui. Il voulait se faire plaisir et ainsi il savait qu'elle serait fière de lui et peut-être l'embrasserait-elle encore... Ses baisers avaient quelque chose d'animal et de doux, il savait qu'elle avait quelque chose en plus, mais ne comprenait pas encore quoi...

Il frappa à la porte, mais on ne répondit pas. Il ouvrit alors. La pauvre fille avait oublié de fermer à clé... Cela lui facilitait la tâche. Il ferma la porte à clé derrière lui, vérifia les lieux, et s'assit contre la porte. La jeune fille sortit de la douche, une serviette autour du corps. Elle ne le vit pas, bien sur. Arkanis dut s'avouer qu'elle était belle. Atrocement belle. Son corps vibra. Il la désirait. Dos à lui, elle lacha la serviette et s'habilla légèrement, puis se jeta sur son lit. Il se leva, tout en silence, et s'adossa bruyamment contre la porte. Elle sursauta, effrayée:
-Qui est là??
Il ne répondit pas, mimant l'égarement, l'effroi... Il se laissa choir à genoux, les mains sur les oreilles, et se mit à murmurer des choses insensées à toute allure. Elle s'approcha, inquiète:
-Qui êtes-vous? Que vous arrive-t-il? Monsieur? Est-ce que...
Il se releva brusquement et lui murmura, l'air affolé:
-Ils me suivent, j'en suis sur, il faut me cacher, je vous en prie! Ne me laissez pas retomber dans leur piège! Ils sont dangereux, mais si vous m'accueilliez cette nuit, je serais en sécurité et sauvé! Je vous en prie... je vous en prie...
-S'il vous plaît! Lâchez-moi!
Il lui obéit, comme s'il s'était retrouvé face à Sila, et retrouva son calme.
-Expliquez-moi... Que vous arrive-t-il?
-Si je vous le dis, j'ai peur de vous mettre en danger... Mais j'ai besoin de votre protection... Une seule nuit. Je vous en prie.
-Qui vous poursuit?
-Des hommes... Ils sont dangereux... Mais il y a quelque chose, ici, qui me protègera cette nuit...
-Je peux vous laisser cette chambre si vous le souhaitez...
-Non. C'est vous... Quelque chose émane de vous. Vous êtes ma dernière chance. Je vous en prie...
Ils se fixèrent un petit instant, et elle se mit à rougir:
-Ne me regardez pas ainsi, je vous en prie! C'est gênant...
-Pardonnez-moi...
Il baissa la tête mais lui baisa la main:
-Mademoiselle... Je ne sais comment vous remercier...
-Eh bien... Laissez-moi en paix... Installez-vous quelque part et repartez dès que le soleil se lèvera... C'est mieux ainsi...
-Vous comptiez... dormir? Je vous dérange... Je suis gêné... Mais tellement en danger...
-Je vous en prie. Ne m'en dites pas plus. Je vais me coucher. Si vous voulez prendre une douche ou autre, faites. Mais laissez-moi en paix... s'il vous plait...
Ils se fixèrent encore un long moment. Il la revit alors en train de se changer et son corps vibra à nouveau. Il la désirait. Maintenant.
Il ne sut comment cela se passa, mais elle rougit:
-Mais vous m'avez vu nue! Comment...
Il l'attrapa par le poignet et la tira vers lui, l'enlaça tendrement:
-Vous êtes si belle... vous êtes comme elle...
-Qui? Lâchez-moi... vous m'avez vue...
-J'étais promis à une belle jeune femme... Si belle... Si douce... Nous nous aimions tendrement... Mais Dieu est cruel et il me l'a prise. Elle est morte dans un tragique accident... Je n'ose y songer encore... Mais vous lui ressemblez... Cette voix... Ce corps...
-Lâchez-moi! Je vous en prie, lâchez-moi...
Il la serra un peu moins pour la fixer des yeux, comme s'il voulait la sonder. Leurs âmes se mélangèrent quelques instants. Il lui montrait de lui ses instants les plus magnifiques. Il lui fit voir de beaux paysages. Et leurs deux corps enlacés à l'ombre d'un grand arbre. Leurs deux corps enlacés s'aimant. Elle rougit encore, résistant à ce désir qu'il faisait monter en elle par son seul regard. Il se serra alors contre elle et lui embrassa tendrement le cou, remontant sur son visage, effleurant ses lèvres:
-Vous êtes si belle...
Elle s'éloigna brusquement de lui:
-Sortez d'ici! Je ne suis pas à prendre! Je suis fiancée! Je suis aimée! J'aime! Laissez-moi! Partez!
Il la fixa encore, faisant monter son désir. Il lui prit la main, l'embrassa, remonta le long de son bras jusqu'à son visage:
-Pourquoi voulez-vous que je parte?
La voix de la jeune femme devenait faible:
-Je vous en prie... partez...
Il s'approcha encore d'elle, la faisant reculer encore une fois. Elle sentit derrière elle le lit et comprit qu'elle allait céder aux avances du jeune homme. Elle le fixa encore une fois et trouva le courage de lui demander son nom.
-On me nomme Arkanis. Quel est votre doux nom?
-Marie...
Il l'enlaça, murmurant son prénom, puis la fit chavirer sur le lit...
Une heure après, alors que Marie dormait, il appela Sila. Elle regarda la jeune femme qui dormait, jeune femme innocente qui allait périr. Elle sourit:
-Bien joué, Arkanis, cela était plus facile que ce que je croyais. Mais je suis fière de toi. Était-ce agréable?
-Oui... C'est une très belle femme. Elle s'appelle Marie.
-Tu lui as demandé son prénom?!
-Oui... Elle m'a demandé le mien aussi.
-Quelle peste. Elle va souffrir, mon bel ami. Par ta faute, ça va de soi. En seras-tu aussi capable?
-Oui.
-Alors réveille-la par la pensée. Pendant ce temps là...
Elle l'enlaça et s'assit sur ses genoux, ses jambes autour de lui, et l'embrassa. Marie se réveilla brusquement:
-Arkanis... Mais... Que fais-tu!?
Sila se tourna alors vers elle:
-Tiens donc... Tu te réveilles enfin?
-Mais qui êtes-vous? Que faites-vous ainsi sur... Seigneur!
-Allons, allons, Marie... Arkanis m'a dit ton nom. Il m'a aussi dit que tu étais belle. La tenue d'Eve te va à merveille.
-De quoi parlez-vous... Arkanis...
-Arkanis ne te répondra pas. Arkanis m'appartient, ma belle. Arkanis est mien, et tu peux être fière: je t'ai choisi pour être sa première réelle victime.
-S... Sortez d'ici! Vous n'avez aucun droit!
Sila l'ignora et embrassa tendrement à nouveau Arkanis avant d'ajouter:
-Allons, mon bel ami... Maintenant, fais d'elle ce que tu veux... Mais ne la tue pas... Pas encore...
Elle se leva et s'éloigna de quelques pas. Il s'amusa avec elle, tandis qu'elle gémissait de peur et d'horreur. Elle n'arrivait pas à crier, la peur était trop grande, et il prenait bien soin de l'en empêcher. Sila l'arrêta brusquement:
-Maintenant! Maintenant! Laisse-la moi!
Elle le poussa et plongea son regard dans celui de Marie et celle-ci fut paralysée d'effroi. Sila tira la tête de la jeune femme vers elle puis renversa sa tête en arrière, sur le côté. Elle plongea son visage sur son cou toujours nu, et la mordit brusquement et violemment, Marie se tortilla dans tous les sens, et s'évanouit, terrorisée... Sila releva la tête et éclata de rire:
-C'est si bon! Allez, Arkanis, approche-toi, maintenant tu sais...
Il s'approcha d'elle, et elle le mordit à son tour, le vidant de son sang. Il se laissa faire, même s'il souffrait, même s'il avait mal, même s'il regrettait sa vie... Alors qu'il allait s'évanouir, il sentit le long de ses lèvres puis dans sa bouche couler un doux breuvage... Du sang... Il reprit conscience, et vit le corps d'une jeune femme, nue, inconsciente... Parfaite... Sa faim s'agrandit... Il plongea sa tête sur son cou. Elle était encore vivante. Elle était parfaite... Il la mordit et sentit une chaleur liquide emplir sa bouche. Il but, il but, puis s'arrêta, sa faim enfin apaisée... Puis il sombra dans l'inconscience... Quelque chose... A l'intérieur de lui... Il souffrait, il souffrait! Son corps le brûlait, son corps le martyrisait, il voulait hurler mais aucun son ne sortait, il voulait bouger mais ne le pouvait, il voulait mourir mais c'était aussi quelque chose d'impossible... Il gémit enfin, allongé dans un lit, ouvrit les yeux, Sila était à ses côtés, souriante, fière:
-Bienvenue dans notre monde, ange du soir. Le monde s'offre à nous, maintenant.
Elle l'enlaça et s'endormit contre lui. Tout devint enfin clair, pauvre inconscient qu'il était. Il venait seulement de comprendre dans quel monde il venait d'entrer. Un monde de sang, d'ombre, d'horreur. Il sentit un plaisir immense grandir en lui: il avait trouvé ce à quoi il aspirait depuis sa plus tendre enfance... Et le jeune vampire s'endormit à côté de celle qu'il désirait le plus au monde. Il s'endormit et rêva de cette nuit comme il en rêverait encore longtemps...

Posté par Idril_Chaotic à 20:42 - Have you ever... ? - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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