Sur la route, il y avait un homme vêtu du temps qu'il faisait. Son corps irradiait.
J'avançais vers lui, mais la distance ne se réduisait jamais. Je marchais durant de longues journées dans sa direction. Une nuit enfin je finis par m'écrouler de fatigue.
Le rêve que je fis m'engloutit et je ne pus m'en sortir, contre ma volonté.
J'avançais de nouveau sur mon chemin de campagne bordé de champs, mais tout se transformait. D'abord, le sol devint béton et d'immenses immeubles poussaient autour de moi. Je suais beaucoup, l'air était irrespirable. Je ne croisais personne dans les rues. Puis, le sol se changea en sentier de terre, je pus de nouveau respirer. Les tours qui m'oppressaient se transformaient en arbres vieux comme le monde.
"Je retourne à la Forêt Primordiale !", pensais-je dans mon rêve.
Pendant tout ce temps, l'homme éclairé était toujours là, à l'horizon, immuable dans ce monde inconstant. Sa lumière me guidait.
C'est à ce moment là que je me rendis compte que je rêvais, mais je ne me réveillais pas pour autant ! Une intense joie m'envahit, j'étais libre de faire tout ce qui me plairait ! Je souhaitais me rapprocher de cet être qui m'intriguait... Je m'assis alors contre un tronc d'arbre et cessais de m'agiter. Je le regardais. La joie ne me quittait pas, mais petit à petit tout ce qui m'entourait s'estompa, sauf lui. Je l'entendis murmurer :
- Tu es sur la bonne voie.

Je me réveillais, avec ce fourmillement d'allégresse toujours dans le corps. L'homme-lumière n'avait pas disparu, il m'attendait à l'orée d'une forêt, souriant, les bras tendus vers moi.