Les départs se succèdent, soulevant tant de poussières qu'on n'y voit plus rien, on étouffe... On perd l'équilibre... alors on s'éloigne, on essaie de regarder de loin, mais qu'y a-t-il à voir, d'ici ? D'abord des regrets, des "j'aurais du", et puis tout se déroule sous nos yeux, si rapidement qu'on en a de nouveau le vertige.

Lâche prise.
Une grande inspiration, puis une deuxième.

Est-ce que c'est moi, là-bas ? Je n'en sais rien. Je crois me reconnaître pourtant dans mes manières, mes tics verbaux. Ça fait peur. Je souris.

Sourire. Mon cœur se gonfle d'émotion. Depuis combien de temps n'avais-je pas réussi à m'arracher un sourire ? Est-ce que cela signifie que je guéris ? Les larmes qui me montent aux yeux semblent affirmer le contraire. Alors je resserre autour de moi mon manteau et continue de marcher sur les pavés résonnants de ma mémoire défaillante.

Où en suis-je ? Où voulais-je aller ? J'ai oublié.

Je fouille dans mes poches et retrouve un ticket : aller simple pour l'ailleurs, toujours vers le futur. Je lève les yeux vers le ciel. Comment peut-il faire si froid avec un soleil si éclatant ? Je monte dans le train. En route...